
Alors que Pékin fêtait mardi les 70 ans de la fondation de la République Populaire de Chine, à Hongkong, les manifestants prodémocratie ont défilé par milliers entre les gratte-ciel pour une «journée de deuil». Pour la première fois, un manifestant a été blessé par balle réelle.
Cachée sous des parapluies pour se protéger des jets de gaz poivre lancés par la police et pour éviter une reconnaissance faciale par les caméras de rue, une vague noire – de la couleur des vêtements portés par les manifestants – déferlait dans les rues d’Hongkong. Cette «journée de chagrin», à l’occasion des 70 ans de la republique populaire de chine a donné lieu mardi 2 octobre aux pires violences en près de quatre mois de mobilisation. Pour la première fois depuis le début de la contestation, un manifestant a été victime d’un tir à balle réelle. L’autorité hospitalière a affirmé avoir admis plus de 70 personnes. La police, qui avançait un chiffre de 25 policiers blessés, a procédé à 160 arrestations et ouvert le feu à six reprises.

Face à l’intensification des manifestations ce week-end, les autorités anxieuses avaient interdit toute manifestation dans la ville pour la journée de mardi. Pour prévenir toute contestation, fouilles et contrôles ont été organisés, et un certain nombre de stations de métro ont été fermées, ce qui n’a pas empêché de nombreux heurts de s’y produire. Différents quartiers de la ville ont été, pendant des heures, le théâtre de longs affrontements.
N’ayant pas de leaders clairement identifiés par risque de répression, les manifestations se sont surtout organisées sur les réseaux sociaux, où les habitants ont été appelés à descendre dans la rue pour défier pekin. Malgré les interdictions émises par les autorités et les mises en garde invitant la population à se tenir à l’écart de tout «rassemblement illégal», des centaines de milliers de manifestants se sont retrouvés mardi après-midi dans une douzaine de quartiers du territoire semi-autonome. Les contestataires les plus radicaux ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction de la police qui a riposté avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des tirs de balles en caoutchouc.
Un manifestant de 18 ans, Tsang Chi-kin, a été blessé à la poitrine par un tir à balle réelle dans le quartier de Tsuen Wan, à environ 10 kilomètres du centre-ville. «Selon les dernières informations de l’hôpital, son état actuel est stable», a rassuré le gouvernement. Un policier lui a tiré dessus à bout portant au niveau du torse. Son unité avait été attaquée par des protestataires armés de parapluies et de bâtons. Le membre des forces antiémeutes craignait pour sa vie et «dans un laps de temps très court, il a pris une décision et a tiré sur l’assaillant», a justifié Stephen Lo, le chef de la police hongkongaise. Les manifestants affirment pour leur part qu’il a foncé dans la mêlée et sorti son arme à feu. Au lendemain des faits, des centaines de Hongkongais se sont rassemblés devant l’école de Tsang Chi-kin.
Selon les autorités, des manifestants ont jeté sur les forces de l’ordre un liquide corrosif à Tuen Mun, ville au nord-ouest d’Hongkong. Elles ont mis en ligne des photos montrant un policier à l’uniforme troué, souffrant de brûlures au niveau du torse. Des journalistes ont également été brûlés par ce liquide.





















