
Les Iraniens se sont déplacés en masse pour rendre hommage au Géneral lundi matin à Téhéran. Comme l’a remarqué un journaliste de l’AFP, la foule était présente avant 8 heures (heure locale) aux abords de l’université, dans le centre de la capitale iranienne. Brandissant des portraits du soldat et agitant des drapeaux rouges (couleur du sang des « martyrs » iraniens, libanais ou irakiens), des personnes défilent aussi le long des avenues Enghelab (« Révolution » en persan) et Azadi (« Liberté »).
Les rues résonnent par intermittence de slogans « Mort à l’Amérique », « Mort à Israël » sur fond de mélopée funèbre chantée par des voix masculines diffusées par des haut-parleurs. Un homme porte un bandeau « #hard_revenge » (#vengeance_terrible en anglais) alors que d’autres panonceaux, en anglais également, appellent à venger la mort du général Soleimani. Faisant référence au général Soleimani et aux autres Iraniens tués avec lui, la télévision d’État, qui couvre l’événement en direct avec force vues aériennes du centre de la capitale, titre en bandeau : « Résurrection sans précédent de la capitale iranienne en accueillant Haj Qassem et les martyrs de la résistance. »
L’ayatollah Ali Khamenei, visiblement ému, a présidé une prière peu après 9 h 30 (heure locale) devant le cercueil du général à l’université de Téhéran. Entouré du président iranien Hassan Rohani, du président du Parlement Ali Larijani, du chef des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami, et du chef de l’Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi, le guide suprême a prononcé une prière en arabe, avant de quitter les lieux. Les premiers rangs de l’assistance se sont alors rués sur les cercueils contenant les restes du général, de l’Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis (numéro deux du Hachd al-Chaabi – une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrée aux forces de sécurité), et de quatre autres Iraniens tués en même temps qu’eux.
Enveloppés dans un drapeau iranien, les cercueils du général et de ces compagnons d’armes ont ensuite quitté l’université pour être honorés par la foule. Comme dimanche à Machhad, des Gardiens de la Révolution juchés sur le camion de tête du cortège funèbre se sont affairés à renvoyer vers la foule les keffieh, chemises ou autres vêtements qui leur sont lancés, après les avoir frottés sur les cercueils pour attirer la protection des « martyrs » à ceux qui les porteront.





















